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mardi 9 juin 2020
La première règle de composition picturale
samedi 9 mai 2020
Première vidéo de ma chaine "Le secret des peintres"
Présentation de mon nouveau site sur le secret des peintres :
la composition picturale - 3'30"
mercredi 12 février 2020
L'art de voir lentement, avec l'escargot de Del Cossa
L'art de voir lentement, c'est apprendre à
voir une image sans préjugés,
sans projections personnelles,
sans références extérieures,
voir un tableau tel qu'il est,
C’est grâce à la présence d’un détail de cette scène, un escargot, que j’ai commencé à l'observer lentement, c’est la cas de le dire, puis à y revenir sans cesse pour finalement aimer sincèrement cette œuvre atypique.
Rares sont les œuvres qui, en plus de leur exécution impeccable et leur qualité esthétique, proposent à leur spectateur un cheminement, une vision vivifiante, tant pour le plaisir de l’œil que pour le bonheur de l'esprit. Le retable magistral du peintre italien Francesco Del COSSA fait partie des ces œuvres qui ont cette particularité singulière de m’avoir marqué profondément même si je n’en appréciais pas particulièrement son esthétique.En effet, lorsque j’ai découvert ce retable il m’était apparu comme austère et ennuyeux. Je l’avais détaillé en faisant la moue, bien que le visage de Marie soit habilement empreint de sérénité et que l’ange Gabriel est tout à fait gracieux. Mais c'est en prenant le temps de l'observation, de la contemplation qu'un sens profond s'est installé en moi.
Je propose ici de découvrir comment ce peintre de la renaissance italienne, Del COSSA, a introduit des éléments visuels qui interrogent le regard, invitent au discernement, questionnent nos savoirs, suggèrent des pistes de réflexion pour apprendre à voir par soi-même.
Ces éléments se présentent sous forme de jeux visuels, de règles et techniques de composition à voir par soi-même, plutôt que des symboles dont on doit recevoir le sens par une tierce personne.
Prenons le temps, de voir, de relever les éléments curieux ou énigmatiques de ce retable assez connu pour son gros escargot qui fait en partie sa célébrité insolite mais aussi trop souvent son incompréhension.
Del COSSA - Annonciation et nativité - 1472 - Gemaldegalerie Dresden - photo gm
En effet, la curiosité qui n'échappe à personne est ce gargantuesque gastéropode au bas du tableau. Etrange présence qui distrait immanquablement du recueillement que l'on devrait trouver pour méditer sur le mystère de l'Annonciation.
Chacun aura relevé la taille démesurée de l'animal, comparé au pied ou à la main de Gabriel. Certes, il est démesuré et incongru, mais en l'observant plus finement, quatre caractéristiques sont lisibles. Del Cossa les a glissé là délibérément pour guider son spectateur dans un art de voir.
L'observation de notre gastéropode montre qu'il aurait quatre attributs qui peuvent nous conduire sur autant de pistes.
- il est incongru dans cette scène
- il est placé de façon ambigüe
- il est démesuré
- il n'a pas d'ombre.
Pour prolonger cette lecture je vous invite à vous rendre sur mon nouveau site à la page de "L'art de voir avec l'escargot de del Cossa" :
vendredi 24 juin 2016
INTRODUCTION : Peinture, mouvement et composition
Ainsi, la musique recherche le silence.
La danse recherche l'envol.
La peinture recherche le mouvement.
C'est bien le mouvement, l'élan, la mise en relation que cherche la peinture, plus que la représentation de la troisième dimension qui a été résolue avec les règles de la perspective. Recherchant le mouvement, les peintres crééent des liens visuels dans leurs tableaux pour mettre l'œil en action, les émotions en vibrations. Ceci pour nous remémorer aussi que tout est en lien.
L'œil et les émotions étant en mouvement, l'esprit cherche à comprendre.
Cherchant à comprendre, une histoire prend forme.
L'image immobile de la peinture devient alors pour son spectateur une histoire se déroulant.
On peut se demander : avec quels moyens les peintres cherchaient-ils à mettre en mouvement leurs spectateurs, à créer du sens pour pouvoir raconter ?
Le thème ? Le dessin ? La couleur ?
A mon sens, se serait essentiellement par la composition. J'essaie de montrer avec mon travail d'archéologie picturale qu'avec des règles et techniques de composition les peintres proposaient des relations, des liens qui sont plus perçus et ressentis que vus. Ces liens de composition permettent de tisser une cohérence et principalement de mettre l'œil en mouvement pour dérouler une histoire.
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| Le mariage de la vierge (Détail) - Raphael - 1504 - Brera |
Mais plus que des règles et des techniques, je propose de VOIR par soi-même que les peintres faisaient usage d'une philosophie du regard. Philosophie qui serait certainement née pendant la Grèce Antique*. Les bases de la composition picturale y aurait été posées pour ensuite s'enrichire au fil des siècles dans l'ombre des ateliers des maîtres de la renaissance. Cette philosophie avait pour idée centrale que tout est en lien dans notre univers et donc que la peinture ne saurait s'extraire de cette loi de la relation. Les peintres ont donc inventé et développé un système de liens invisibles entre les personnages et les symboles afin de les faire "parler".
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| Mise en évidence de parallèles de composition avec des ficelles. Photo : Pascal Meyer - 2013 |
Je serais très heureux que ce blog me mette en lien avec d'autres amateurs passionnés qui valideraient ou invalideraient mes propositions, ce qui est un des fondements de toute démarche sérieuse.
* il y aurait une étude à approfondir sur les écoles de Pythagore, Démocrite et Empédocle à propos de la théorie du "Diaphane". Théorie développée comme une philosophie des arts par Démocrite. Les tracés tels que je les montre semblent naitre pendant cette époque antique.
Guy MAUCHAMP
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